Abbé Pierre – l’appel du 1er février 54

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Henri Grouès, dit l’abbé Pierre (Lyon, 1912 – Paris, 2007), est un prêtre catholique français, résistant, puis député, fondateur du mouvement Emmaüs (organisation laïque de lutte contre l’exclusion).En 1954, pendant un hiver particulièrement rude, il lance un appel mémorable à la radio : « L’insurrection de la bonté pour les sans-logis ». Cette action rapportera 500 millions de francs en dons (dont 2 millions par Charlie Chaplin qui dira à cette occasion : « Je ne les donne pas, je les rends. Ils appartiennent au vagabond que j’ai été et que j’ai incarné. ») Avec l’argent rassemblé, L’abbé Pierre fait construire des cités d’urgence. Ces cités appelées à être provisoires se transformèrent progressivement, dans le meilleur des cas, en cités HLM.

 

Questions sur l’enregistrement:

 
a) De 00’00” à 01’21”:

1- Qu’est-ce que l’abbé Pierre explique dans cet extrait ?
2- Pour quelles raisons le directeur de la radio refuse-t-il au départ de faire ce qu’on lui demande ?
3- Qu’est-ce qui le fait finalement changer d’avis ?

b) De 1’21 à la fin :

– Que s’est-il passé la nuit précédente ?
– Qu’est-ce que l’abbé Pierre attend de cet appel ? Justifiez avec des phrases de l’extrait.

c) Relevez tous les mots et expressions qui expriment la détresse sociale. Vérifiez vos réponses dans la transcription. Soulignez ceux que vous n’aviez pas relevés.

 

Transcription:
« Mes amis, au secours…Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l’avait expulsée…Chaque nuit, ils sont plus de 2 000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent ! Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l’un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève ; l’autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l’on lise sous ce titre Centre fraternel de dépannage, ces simples mots : « Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici on t’aime ». La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l’hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure. Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France. Merci ! Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l’asphalte ou sur les quais de Paris.Merci ! »

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